31.10.2007

ambiguïté

Finalement, c'est toujours un peu la même histoire : nous parlons de notre rapport au monde et l'autre ne peut le percevoir qu'à partir du sien.

23.10.2007

Taille douce

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Les hommes désespérés vivent dans des angles. Tous les hommes amoureux vivent dans des angles. Tous les lecteurs des livres vivent dans des angles. Les hommes désespérés vivent accrochés dans l'espace à la manières des figures qui sont peintes sur les murs, ne respirant pas, sans parler, n'écoutant personne.
Je n'ai jamais plus trouvé de joie auprès d'autres femmes qu'elle. Ce n'est pas cette joie qui me manque. C'est elle. (...)

Terrasse à Rome, Pascal Quignard

http://revel.unice.fr/loxias/document.html?id=1220

19.10.2007

Silence

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Green on blue, M.Rothko

Pour être compris, le silence doit être partagé.
Il n'est plus alors du silence.
Le silence ne se partage pas.
Il est.
Forme de lui même.
L'absence ne se partage pas.
C'est leur point de rencontre.
Ce sera mon point de rencontre.
Mon inquiétant silence.
J'ai compris que le dernier mot
ne m'appartiendrait pas.

Il lui revient.

17.10.2007

Territoire

En contrepoint de mes blogs préférés...

http://blog-trotter.hautetfort.com/archive/2007/10/17/nou...

http://auxtempesdesmiroirs.hautetfort.com/archive/2007/10...

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Krzysztof Wodiczko – If you see something.


"J'aimerais qu'il existe des lieux stables, immobiles, intangibles, intouchés et presque intouchables, immuables, enracinés ; des lieux qui seraient des références, des points de départ, des sources (...)
De tels lieux n'existent pas et c'est parce qu'ils n'existent pas que l'espace devient question, cesse d'être évidence, cesse d'être incorporé, cesse d'être approprié.

L'espace est un doute : il me faut sans cesse le marquer, le désigner ; il n'est jamais à moi, il ne m'est pas donné, il faut que j'en fasse la conquête".


G.Perec, Espèces d'Espaces

Utopie

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S.Botticelli, Naissance de Vénus



Je ne saurai jamais l'importance du geste
le ressac d'un regard qu'amarre le répit
je ne sais que du plein les mots à fond perdu
la langue à marée basse sur mes pensées défaites

Elle vibre.
Du côté du gouffre de l'absence, l'alphabet prend le relais.

Elle lui dit : j'aime cela.

Je n'ai jamais aimé la vie que dans ses flottements
dans ses lignes de fuites successives et ses traces évasives des retours inconsolés
dans le vide chancelant les images du rêve
Je n'ai jamais aimé le monde que dans ce regard qui fragmente et diffracte et le resserre pour mieux l'envisager.

Je ne pourrai jamais arriver à bon port
et mon âme s'égare dans l'incessant manège
constatant chaque fois que mon esprit dessine
un point de suspension au creux du tourbillon

Et sans cesse elle répète qu'il faudrait tout renverser, tout réinventer pour se retrouver en balbutiement.
Comme au premier jour.
Pour laisser derrière soi les cicatrices des blessures mal refermées
dans ce va-et-vient aberrant.

Dans la houle du mot je m'attache à capter
la morsure secrète de vaines mascarades
les grèves illusoires aux barques échouées
d'étranges oraisons qui se volatilisent

Elle glisse dans son silence. Se presse contre sa surface.
Il lui fait la courte-échelle dans le vide de la nuit.
Elle inscrit dans la brèche, l'origine de l'émotion.

J'aurais pourtant aimé le total abandon
la perte de mémoire, voilà ce qui m'attire
vestige de mes ombres chanceler la jetée
et m'incliner vers toi le dos tourné au vide

Elle n'a besoin de rien d'autre que de cela : l'unique voix de l'impossible.

Ecrire Lui.

11.10.2007

Ici / Ailleurs

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Ad. Reinhardt, Abstract painting n°5

...

Attendre que le temps s'absente

N'importe où
N'importe quand

Et.
au bout du compte
rien de plus qu'un silence infligé

Nulle part peut-être

le repli de l'écho
la langue à marée basse
le geste dérobé

Et.
c'est encore l'absence
qui fait l'histoire

N'importe où
N'importe quand

dans les limites de l'effacement

Plus loin encore
Nulle part, peut-être

Et.
le corps posé
sur la ligne de flottaison
éviterait les questions

Peut-être ...

...

10.10.2007

Et... si le hasard abolissait le hasard ?

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Fontana


Et ...
Si nous échouions nos pensées incertaines
si nos gestes en instances esquissaient le non-lieu
d'un trouble qui persiste et inscrit dans l'espace
une langue de nuit d'un revers d'horizon

Si le mot se dérobe d'une courbe défaite
et le pas se distend dans son déséqui/libre
retraçons le récit de la chair en partance
que bruisse le hasard au centre du frisson

L'accident, l'inouï toujours aura sa place
dans ce hors lieu épars, territoire brisé
où le Nous fragmentés aux limites tangibles
résistent d'un regard la langue du retrait

Vibre le fil ténu sous l'écho de ma peau
et nos mains dé-figées d'une douce imposture
ne savent les possibles de nos lignes de fuite
le total abandon de la contre-plongée

J'entends mes parenthèses érigées en armures
et l'assourdissement d'un silence oppressant
qui écrit au présent nos lieux de références
réduisant chaque instant à la voix de l'insu

(...) Et
Si l'évènement est ressac d'un chaos
si cette non-histoire ressuscite la perte
la blessure n'est autre qu'une réminiscence
le creux iconoclaste d'un songe à double-fond

03.10.2007

Insu

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Cy.Twombly


Je dis que le lieu où s'apprivoise
l'inachevé
est ma parole la plus secrète
Jamais Je ne risque de perdre
l'insu

.. ( )

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