17.10.2007

Utopie

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S.Botticelli, Naissance de Vénus



Je ne saurai jamais l'importance du geste
le ressac d'un regard qu'amarre le répit
je ne sais que du plein les mots à fond perdu
la langue à marée basse sur mes pensées défaites

Elle vibre.
Du côté du gouffre de l'absence, l'alphabet prend le relais.

Elle lui dit : j'aime cela.

Je n'ai jamais aimé la vie que dans ses flottements
dans ses lignes de fuites successives et ses traces évasives des retours inconsolés
dans le vide chancelant les images du rêve
Je n'ai jamais aimé le monde que dans ce regard qui fragmente et diffracte et le resserre pour mieux l'envisager.

Je ne pourrai jamais arriver à bon port
et mon âme s'égare dans l'incessant manège
constatant chaque fois que mon esprit dessine
un point de suspension au creux du tourbillon

Et sans cesse elle répète qu'il faudrait tout renverser, tout réinventer pour se retrouver en balbutiement.
Comme au premier jour.
Pour laisser derrière soi les cicatrices des blessures mal refermées
dans ce va-et-vient aberrant.

Dans la houle du mot je m'attache à capter
la morsure secrète de vaines mascarades
les grèves illusoires aux barques échouées
d'étranges oraisons qui se volatilisent

Elle glisse dans son silence. Se presse contre sa surface.
Il lui fait la courte-échelle dans le vide de la nuit.
Elle inscrit dans la brèche, l'origine de l'émotion.

J'aurais pourtant aimé le total abandon
la perte de mémoire, voilà ce qui m'attire
vestige de mes ombres chanceler la jetée
et m'incliner vers toi le dos tourné au vide

Elle n'a besoin de rien d'autre que de cela : l'unique voix de l'impossible.

Ecrire Lui.

Commentaires

Tout réinventer dans la boucle du temps, bousculer ses chemins d'écoute. Il le faut.
(Encore une belle embardée de mots)

Ecrit par : BT | 17.10.2007

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