24.04.2007

Pensées paradoxales

« Je t'aiderai à venir si tu viens et à ne pas venir si tu ne viens pas ».

Antonio PORCHIA - Voix (Fayard)

20.04.2007

violangue

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Les noms sont hantants, me hantent. Ils sont utilisés, ils n’entrent dans aucune généralité, ils ne servent pas une cause, ils ne veulent pas se plier à une règle simple, générale, commune, ils ne veulent pas se décomposer et s’allonger s’assouplir et se modifier et tourner et faire en sorte qu’ils servent à plusieurs occasions différentes et variées. Je dois ranger tous ces noms qui me hantent. Je ne sais pas à quoi ils servent, je m’en sers, ils sortent instinctivement sans avertir, ils proviennent d’un fond où ils ne trouvent pas le sommeil, où ils continuent à bouger, à tourner en essayant de s’agglomérer à des termes usuels, utilisables, à des phrases, à des morceaux de phrases, ils ne veulent pas rester seuls en eux-mêmes, dépourvus de toute attache, il faudrait que je les attache, qu’ils ne viennent plus d’eux-mêmes se glisser dans les phrases au beau milieu des phrases que je suis en train de prononcer mêlés à des mots normaux, bien glissés, bien à l’intérieur des mots normaux comme s’ils venaient de la même profondeur, je ne peux pas faire une phrase sans que ces noms indéclinés viennent se glisser comme si de rien n’était, dans le flot continu des paroles, comme s’ils avaient le droit de venir dans ma bouche comme tous les autres mots qui en ont le droit parce qu’ils sont mots communs, mots de tout le monde, mots qui se découvrent, qui n’existent pas, qui se changent, qui se déclinent. Je ne veux pas les enregistrer là où tous les mots qui n’existent pas sont enregistrés, je ne veux pas qu’ils aient une puissance autre, un effet serein, une certitude, comme si tout ce que je disais ne servait qu’à mettre en relief des noms.

Christophe Tarkos, Anachronismes, P.O.L., 2001, p. 74


De nombreux sites sont consacrés à la poésie de Tarkos

Je vous invite à écouter :

"Le petit bidon"
http://www.editions-cactus.com

et à visionner quelques performances poétiques :
http://cep.ens-lsh.fr

19.04.2007

Psyché

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la fabbrica della memoria, A et P Poirier


- Excusez-moi mais les femmes c'est pas pareil que les hommes.
- C'est à dire ?
- Vous n'avez pas d'âme.
- Parce que je suis une femme ?
- Ne me regardez pas comme ça, vous avez déjà vu une femme prêtre ou une femme rabbin ? Je ne dis pas... bon ; vous avez certainement autre chose à la place mais enfin je me vois mal parler de mon âme avec vous.
- Un peu insultant pour les femmes non ?
- Mais non. Les hommes ça vie sur une droite et les femmes vous vivez dans des bulles. Je ne sais pas ; des petites bulles où vous devez passer de l'une à l'autre, des petites bulles où il doit y avoir des intersections, ça doit être des petites bulles de temps j'imagine. Et nous, les hommes on vit sur une droite, une seule ligne. Nous, on vit pour mourir.
- Et les femmes elles vivent pourquoi ?
- Vous vivez quoi, nous on vit pour mourir (...)
- c'est quoi votre définition de l'âme ?
- une âme, c'est une manière de négocier au quotidien avec la question de l'être.

(extrait de dialogue entre Ismaël et la psychiatre - Rois et reine, A. Desplechin)

17.04.2007

... ( )

Je dis que
la trace c'est l'empreinte
des éclaireurs
de l'ombre

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http://www.autrique.be/exposition
(Vidéo Martin Vaughn-James, l'acte créateur)

16.04.2007

(...)

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A. Tàpies, front and back


Je dis que
le manque n'est ni vide
ni perte il est
l'inachevé
la cave et le grenier de
l'amnésie Je dis
je sais que
j'ai oublié
celui auquel Je
pense - tout le
temps

14.04.2007

Dérive

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J.Tinguely

Je dis que
le temps n'est ni cercle ni droite
il est le
suspend
l'amant de l'attente
l'effraction
l'accident soudain et le souffle saisit
le non-lieu dans l'espace du mot
le chaos

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